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Sahara occidental : l’Algérie fustige un projet américain taillé « sur mesure » pour le Maroc

L’Algérie a réagi ce samedi au non-renouvellement du mandat de la Minurso et égrené ses reproches au projet de résolution américain taillé sur mesure pour le Maroc

Sahara occidental : l’Algérie fustige un projet américain taillé « sur mesure » pour le Maroc
Sahara occidental : l'Algérie fustige un projet américain taillé « sur mesure » pour le Maroc / Photo par argus / Adobe Stock pour TSA
Rafik Tadjer
Durée de lecture 2 minutes de lecture
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L’Algérie a exprimé son « profond regret » pour le non-renouvellement du mandat de la Mission des Nations Unies pour l’organisation d’un référendum au Sahara occidental (MINURSO), et exprimé des critiques à l’égard du projet de résolution américain, a réagi ce samedi le gouvernement algérien dans un communiqué.

Vendredi, le projet de résolution américain pour le Sahara occidental et le renouvellement du mandat de la Minurso a été rejeté par le Conseil de sécurité à la suite du véto russe. Pour l’Algérie, la cause de cet échec est « l’excessive partialité » du projet de résolution américain et donc les États-Unis.

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L’Algérie dénonce un projet de résolution d’une « excessive partialité »

« L’excessive partialité du projet de résolution soumis au Conseil de sécurité a rendu cette issue inéluctable. En effet, le projet penchait avec une telle outrance en faveur d’une partie, le Royaume du Maroc, au détriment de l’autre, le Front Polisario, qu’il ne pouvait prétendre sérieusement servir de base à une solution juste et durable du conflit du Sahara occidental », a critiqué le gouvernement algérien.

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Avant même la soumission du projet de résolution, le ministre des Affaires étrangères, Ahmed Attaf, a adressé des lettres officielles aux membres du Conseil de sécurité afin d’attirer leur attention sur les « conséquences particulièrement graves de l’évolution que connaissait le traitement du conflit du Sahara occidental ».

M. Attaf a mis en garde les membres du Conseil contre les risques liés à l’adoption d’une résolution dont l’orientation tend à consacrer un « fait accompli territorial » et à « légitimer une situation d’occupation, au détriment du droit du peuple sahraoui à l’autodétermination », révèle le communiqué.

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En dépit des amendements introduits, la version finale du texte « vidait le droit à l’autodétermination de sa substance, en retenant le plan d’autonomie proposé par le Maroc, sous sa souveraineté revendiquée sur le Sahara occidental, comme unique base de négociation », déplore encore l’Algérie.

La suppression du R de Minurso, un « signal politique préoccupant »

Une telle approche « restreignait considérablement » les options ouvertes aux deux parties et préjugeait de l’issue du processus politique, alors même que le règlement du conflit devrait permettre au peuple sahraoui « d’exercer librement son droit à l’autodétermination », ajoute la même source.

 À cela s’ajoute la suppression dans le projet de résolution de la lettre « R », correspondant au terme « référendum », dans l’acronyme de la MINURSO, qui constituait un « signal politique préoccupant ».

Cette suppression écartait a « priori l’option référendaire, pourtant historiquement associée au mandat de la Mission et à l’exercice du droit à l’autodétermination du peuple sahraoui ».

De même, et contrairement à l’approche retenue dans la résolution 2797, ledit projet privait le Front Polisario, reconnu comme représentant exclusif et légitime du peuple sahraoui, de la « possibilité de soumettre aux négociations ses propres idées » quant à une solution juste et durable du conflit au Sahara occidental, égrène le communiqué.

« Le projet américain visait à transformer une question de décolonisation en problématique humanitaire »

Pour l’Algérie, le projet de résolution américain préparait le terrain à une « transformation progressive » du conflit du Sahara occidental, d’une question de décolonisation en une « problématique essentiellement humanitaire, à laquelle il conviendrait de trouver des solutions durables ».

« Or, en matière de décolonisation, une solution durable demeure indissociable de l’exercice, par le peuple concerné, de son droit inaliénable et imprescriptible à l’autodétermination », rappelle-t-elle.

Pour conclure, l’Algérie estime que le projet de résolution américain « dénaturait » un processus de décolonisation, « légitimait l’acquisition d’un territoire par la force », « vidait » de sa substance et « privait » de son instrument le droit d’un peuple à l’autodétermination.

Pour toutes ces raisons, « il ne pouvait pas valablement servir de cadre à des négociations productives tout comme il ne pouvait pas prétendre servir l’objectif de sécurité et de stabilité dans la région », assène encore le gouvernement algérien dans sa réaction.

 Enfin, l’Algérie réitère son attachement à une solution politique juste, durable et mutuellement acceptable, qui garantit au peuple sahraoui « l’exercice de son droit à l’autodétermination ».

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