Direct Live Search
Search

Sahara occidental : le Maroc a tout engagé, jusqu’à sa souveraineté, pour une désillusion

Le Maroc a tout donné à Trump et Israël allant jusqu’à hypothéquer sa souveraineté pour acter le fait accompli au Sahara occidental pour enfin récolter la désillusion

Sahara occidental : le Maroc a tout engagé, jusqu’à sa souveraineté, pour une désillusion
Sahara occidental : les USA, la Russie et les faux calculs du Maroc  / Arda ALTAY / Adobe Stock
Riyad Hamadi
Durée de lecture 3 minutes de lecture
Clock 3 minutes de lecture

Tout ça pour ça. Le Maroc a tout engagé, jusqu’à sa souveraineté, pour enfin récolter un énorme désaveu sur la scène internationale.

Le véto russe à la résolution américaine qui tentait d’imposer le fait accompli du plan d’autonomie marocain pour le Sahara occidental constitue une énorme désillusion pour le royaume qui a concédé en septembre dernier l’acte II des accords de normalisation avec Israël.

A lire aussi : Jamel Debbouze : son restaurant à Paris épinglé pour vente de vins israéliens

Cela renvoie à une sentence maintes fois réitérée par la diplomatie algérienne, à savoir que nul ne peut octroyer à un pays la souveraineté qu’il n’a pas sur un territoire, fut-il la première puissance mondiale.

A lire aussi : Le Sahara occidental au Ticad 2025 : nouveau revers pour le Maroc

Sahara occidental : les USA, la Russie et les faux calculs du Maroc 

Après avoir manigancé et gagné du temps pendant plusieurs décennies, le Maroc a cru le moment venu, en 2020, de jouer son va-tout dans le dossier en acceptant le deal proposé par un Donald Trump désireux de rallier un maximum de pays arabes et musulmans aux accords d’Abraham.

Mohammed VI a misé gros. Avec une opinion publique résolument pro-palestinienne, il a pris un grand risque de déstabilisation interne, notamment après le déclenchement, qu’il n’a pas vu venir, de la guerre de Gaza.

A lire aussi : Gaza : l’ONU déclare officiellement l’état de famine et accuse Israël

Tout au long de ces dernières années, et alors que les Palestiniens se faisaient massacrer, le Maroc s’est enfoncé dans la compromission en s’offrant entièrement à Israël via des contrats d’armement et des investissements dans divers domaines, allant jusqu’à expulser des Marocains de leurs propriétés réclamées par des revenants d’Israël.

Le royaume est aussi l’un des tout premiers États à s’empresser de rejoindre, moyennant le paiement cash de 1 milliard de dollars de l’argent des Marocains, le “conseil de paix” que Donald Trump voulait substituer à l’ONU. Soit cette même organisation de laquelle il attendait un blanc-seing pour légaliser son occupation du Sahara occidental.

Après cinq ans d’hésitation, Rabat a fini par franchir le dernier pas dans la compromission. En septembre dernier, il a été convenu avec Tel-Aviv d’élever les représentations diplomatiques respectives au rang d’ambassades avec échange d’ambassadeurs.

Illusion et mensonges du Maroc sur le dossier sahraoui 

L’accord est survenu moins de deux mois avant le vote décisif du Conseil de sécurité sur le renouvellement du mandat de la Minurso, vendredi 30 octobre. Était-ce la condition de Trump pour appuyer une résolution plus favorable que celle de 2025 ?

Quoi qu’il en soit, le Maroc a vécu toutes ces dernières années dans l’illusion. Et aussi dans le mensonge. Après l’abstention russe lors du vote de la résolution 2797 en octobre 2025, la propagande marocaine a trop vite décrété que le dossier du Sahara occidental est définitivement clos et réglé en faveur des thèses marocaines et au détriment des droits du peuple sahraoui.

Sauf que, à Rabat, on a fait semblant de ne pas lire toute la teneur du texte qui n’a à aucun moment écarté l’option de l’autodétermination par référendum.

C’est uniquement pour cette raison que la Russie, la Chine et même l’Algérie, qui était alors membre non-permanent du Conseil de sécurité, ne s’y sont pas opposées. La diplomatie marocaine se devait de mentir, en premier lieu à son peuple auquel il fallait montrer les “dividendes” de la normalisation, présentée en 2020 comme un mal nécessaire pour, précisément, appuyer les revendications marocaines sur le Sahara occidental.

La Russie n’a aucune raison de laisser Washington faire cavalier seul 

Tout cela n’est qu’illusion comme l’ont montré le véto russe et l’abstention de la Chine vendredi au Conseil de sécurité.

Non pas que Donald Trump et Israël n’ont pas tenu parole, mais parce que la diplomatie marocaine n’a pas pris en compte qu’hormis leurs alliés américain et européens, les autres grandes puissances n’ont aucune raison de froisser la légalité et le droit international.

Il a échappé aux Marocains que Trump n’a pas tous les leviers, encore moins celui qui permet de changer le statut juridique d’un territoire non autonome pris en charge en tant que tel par les Nations-Unies.

L’autre méprise de Rabat est d’avoir pu penser que des puissances comme la Russie et la Chine pouvaient laisser Washington faire cavalier seul et leur imposer sa volonté de manière aussi inacceptable sur un important dossier international, de surcroît dans le contexte mondial actuel.

“Le don de celui qui ne possède pas à celui qui ne mérite pas”

Au bout du compte, les seuls dividendes de la normalisation pour le Maroc sont que le soutien américain a entraîné celui de certains pays européens comme la France et l’Espagne.

Un appui toutefois pas plus pesant que celui de Donald Trump. La vacuité de ces soutiens a été merveilleusement résumée par le chef de la diplomatie algérienne, Ahmed Attaf, lorsque Emmanuel Macron a reconnu la prétendue “souveraineté marocaine” sur le Sahara occidental en juillet 2024 : « C’est le don de celui qui ne possède pas à celui qui ne mérite pas… ».

Lien permanent : https://tsadz.co/r249d

TSA +