
Alors que se multiplient les tentatives d’appropriation par le Maroc de plusieurs éléments du patrimoine culturel algérien, la chaîne de télévision publique Al24 News a levé le voile sur une autre spoliation dont on parle peu : celle d’une race ovine typiquement algérienne mais que les Marocains revendiquent désormais après l’avoir acquise par la contrebande transfrontalière.
Les contrebandiers marocains ont mis à profit la décennie d’instabilité sécuritaire en Algérie dans les années 1990 pour faire traverser la frontière à des troupeaux entiers de moutons de cette race.
A lire aussi : Société civile – classe politique : la tenue d’une conférence nationale se précise
Le mouton Deghma, une race endémique de l’Algérie
Il s’agit de la race Deghma, appelée aussi El Hamra, très réputée en Algérie avec celle de Ouled Djellal.
A lire aussi : Inscription à la vaccination anti-Covid : prenez rendez-vous en ligne
La Deghma est endémique des régions steppiques ouest de l’Algérie (Ain Sefra, Saïda, Naâma, Mechria et jusqu’à Tlemcen). C’est une race à viande très prisée.
La contrebande a commencé à la fin des années 1980 et s’est intensifiée dans la décennie suivante. Le commerce transfrontalier illégal de cette race de moutons s’est fait “en force” pendant cette période, raconte un éleveur de la région.
A lire aussi : Algérie : révélations glaçantes sur le drame du bus de Oued El Harrach
Un autre assure que la Deghma a été acheminée vers plusieurs pays, dont la Tunisie et même la France, mais c’est vers le Maroc voisin que le gros du cheptel était acheminé.
Les Marocains venaient s’approvisionner au marché de Ain Sefra, principal centre de vente de cette race ovine.
Le mouton Deghma est passé de l’Algérie au Maroc par la contrebande
Aujourd’hui, dans le cadre de leur stratégie de tout contester à l’Algérie, ils revendiquent cette race comme étant la leur.
Car, au Maroc, les éleveurs ont pris le soin de faire multiplier les troupeaux pris d’Algérie.
Au point où, aujourd’hui, il reste très peu de têtes de cette race dans son pays d’origine.
La décennie noire a “ouvert une brèche” à la frontière ouest où la “contrebande nocturne” a permis de faire passer des troupeaux entiers de l’autre côté de la frontière, explique à Al24 News le chercheur en histoire Mohamed Doumir.
“C’était un commerce transfrontalier illégal. Après dix ou vingt ans, on s’est retrouvé avec des millions de têtes de cette race qui se trouvent au Maroc, tandis que dans son pays d’origine, l’Algérie, elle se compte par milliers seulement”, déplore-t-il.
بعد تهريب سلالة الدغمة عبر الحدود الغربية ظهرت محاولات تبنيها من جهات أخرى رغم أن جذورها التاريخية والأصلية تعود إلى الجزائر
تابع الوثائقي كاملا: https://t.co/LTAGZgcmbu pic.twitter.com/rcHmGRwpFN— AL24news – قناة الجزائر الدولية (@AL24newschannel) May 22, 2026