
Sans surprise, l’essentiel du discours du président de la République, Abdelmadjid Tebboune, adressé à la nation ce mardi 30 décembre via le congrès du Parlement, est consacré à la situation économique et sociale du pays.
Pour résumer, le président a exprimé un satisfecit total, ou presque, et répondu, chiffres à l’appui, aux “ingrats” et “envieux” qui remettent en cause la politique économique du pays et nient ses réalisations. Abdelmadjid Tebboune a fait état de “miracles” et a “avoué” son seul “regret”.
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L’économie algérienne est à une étape “décisive”, a dit d’emblée le président, à l’orée d’une année 2026 qui verra en principe l’entrée en production de plusieurs grands projets structurants nouvellement lancés, ajoutant que les “contours d’une nouvelle ère” commencent à se dessiner pour une économie qui est déjà “saine et solide”.
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Algérie : 61 milliards de dollars de projets d’investissements enregistrés
En matière d’investissement, une “dynamique sans précédent” est engagée, comme le montrent les chiffres de l’Agence algérienne de promotion de l’investissement (AAPI), que le président a pris le temps d’égrener : 19 000 projets inscrits en une année et demie, d’une valeur totale de 61 milliards de dollars et un potentiel de 500 000 emplois.
Sur ce volume de projets, 309 sont menés en partenariat avec des investisseurs étrangers, pour 9,5 milliards USD. Pour le président Tebboune, il s’agit de la meilleure réponse à ceux qui évoquent “l’isolement” de l’Algérie.
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Parallèlement à cette dynamique d’investissement tous azimuts, les indicateurs de l’économie algérienne sont au vert. Outre le taux de croissance qui s’est stabilisé autour de 4 % depuis 2023, soit la meilleure performance de toute la région de la Méditerranée et de l’Afrique du Nord, le chef de l’État a aussi cité celui de l’inflation, ramené de plus de 9 à 2,8 % et devant descendre en dessous de 2 % en 2026. “C’est un miracle”, a-t-il jugé.
Économie Algérienne : Tebboune “avoue” son seul “regret”
Plus loin dans son discours de près de deux heures, Abdelmadjid Tebboune a évoqué un autre “miracle” : celui de l’industrie algérienne dont la part dans le PIB est passée de 3 %, synonyme de ”désert industriel”, à 10 %, avec l’objectif d’atteindre 12-13 % et le statut de “pays industrialisé” en fin de mandat en 2029.
Le président est revenu sur de nombreuses autres performances notables. Dans quelques jours, le rêve d’exploiter le gisement de fer de Gara Djebilet, près de Tindouf, deviendra réalité grâce à une ligne ferroviaire de 950 kilomètres réalisée en un temps record et dans des “conditions difficiles”.
Cela, en attendant le zinc et plomb d’Amizour et, surtout, le phosphate de Tébessa sur lequel certains “braquent leurs regards”.
Le dynamisme de l’industrie pharmaceutique permet à l’Algérie de produire 82 % de ses besoins en médicaments, y compris des molécules “très complexes”. L’Algérie compte 13 000 startups aujourd’hui et en disposera de 20 000 en 2029, grâce à des jeunes innovants dont l’ambition est comparable à celle des “libérateurs du pays”.
L’agriculture n’est pas moins performante en poursuivant l’objectif de l’autosuffisance en céréales qui conférerait, une fois réalisée, à l’Algérie une “indépendance complète”.
En évoquant le secteur agricole, Tebboune ne s’est pas empêché de mettre le doigt sur le seul segment qui ne marche pas. “J’ai un regret et je l’avoue”, a-t-il dit en reconnaissant que malgré les efforts et les incitations consenties, l’Algérie a échoué à produire ses propres viandes.
La situation est d’autant plus regrettable que l’Algérie est contrainte de recourir à l’importation, parfois de pays dont la superficie ne dépasse pas le quart du territoire de l’Algérie.