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Une cinéaste algérienne remporte un prix pour un documentaire en cours de réalisation à Cannes

Une cinéaste algérienne remporte un prix pour un documentaire en cours de réalisation à Cannes

Le documentaire « Leur Algérie » de la cinéaste algérienne Lina Soualem a remporté ce mardi le prix inaugural Docs-in-Progress Award remis par le Doc Corner du Marché du film de Cannes, rapporte le magazine américain Variety.

Ce prix d’une valeur de 10 000 euros remis lors d’une cérémonie sur la Plage des Palmes à Cannes, en marge du Festival, a été remporté par le documentaire en cours de production de la jeune réalisatrice qui était en compétition avec 24 autres projets documentaires.

« Leur Algérie » raconte l’histoire des grands-parents de Soualem, des émigrés algériens ayant divorcé après six décennies de mariage et qui vivent maintenant dans deux immeubles séparés se faisant face. Lina Soualem qui est moitié algérienne, moitié palestinienne, explique avoir utilisé leur histoire comme rampe de lancement pour une exploration profondément personnelle de l’expérience algérienne en France.

« Dans mon côté palestinien, la transmission de notre histoire a toujours été très centrale, car nous survivons à travers les mots. Mais du côté de ma famille algérienne, le silence était préféré », explique la cinéaste.

« Personne n’a raconté l’histoire de l’immigration de mes grands-parents algériens qui sont arrivés en France durant les années 50. Ils se sont récemment séparés après 62 ans de mariage et j’ai réalisé d’abord que je ne comprenais pas leur séparation. Je ne savais pas s’ils s’aimaient ou pas », raconte Soualem. « Deuxièmement, je n’avais aucune idée comment ils ont vécu cette vie d’exil : comment ils sont arrivés en France, pourquoi ils ne sont jamais repartis en Algérie. Donc c’est pour ça que j’ai décidé de réaliser ce film, pour explorer l’histoire de cette famille », ajoute-t-elle, citée par Variety.

« Je viens d’une génération qui a grandi dans le silence de la Guerre d’Algérie, donc c’est aussi quelque chose de très commun à ma génération, spécialement en France. Beaucoup d’émigrés sont venus en France en pensant que c’était à court terme, qu’ils allaient travailler et repartir, et finalement ils ne sont jamais repartis. Ils n’ont jamais expliqué à leurs enfants pourquoi, parce qu’eux-mêmes n’ont pas vraiment su pourquoi. A cause du lien entre l’Algérie et la France, et la guerre, et la colonisation, il y avait beaucoup de tabou et de silence, à cause du traumatisme », affirme Lina Soualem.

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