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Visas Schengen : ce qui change en 2020

Visas Schengen : ce qui change en 2020

De nouvelles dispositions pour l’octroi des visas Schengen devraient entrer en vigueur dès le mois prochain, apprend-on du consul général de France à Alger. Marc Sédille, qui s’exprimait au cours d’une rencontre avec des médias, ce dimanche 19 janvier, n’a pas souhaité livrer plus de détails sur ce qui changera concrètement, indiquant qu’ « une modification du code communautaire des visas mis en œuvre par les 26 Etats membres sera effective le 2 février 2020 » et « fera l’objet d’une communication prochaine de l’Union européenne ».

Marc Sédille dévoile néanmoins que les frais d’étude de dossier augmenteront à 80 euros (contre 60 actuellement), ce qui porterait le coût global du visa à un maximum de 120 euros, étant donné que le prestataire (VFS Global) est autorisé à facturer sa prestation pour l’équivalent de la moitié des frais de l’étude de dossier.

Toujours concernant l’évolution du cadre réglementaire, le consul signale qu’en novembre dernier, le gouvernement français avait annoncé 20 décisions pour améliorer la politique d’immigration, d’asile et d’intégration, parmi lesquelles « une meilleure protection des frontières extérieures Schengen, le renforcement du pilotage stratégique de la politique des visas et le lien à établir entre celle-ci et les autres volets de la politique migratoire, notamment la réadmission ».

Baisse du nombre de visas

Pour le nombre de visas octroyés par les trois consulats de France en Algérie (Alger, Annaba et Oran), la tendance à la baisse constatée l’année dernière s’est encore accentuée. 272 054 visas ont été octroyés contre 293 926 en 2018, soit une baisse de 7,5%. La quasi-totalité des visas délivrés sont à entrées multiples. Un quart ont une validité de plus d’un an.

Le nombre de demandes a quant à lui reculé de 12% (501 300 contre 568 882). Le consul explique la baisse du nombre de demandes par la situation interne en Algérie mais aussi par les nouvelles règles introduites dans le cadre du dispositif France-Visas. « Depuis deux ans, il est plus difficile d’obtenir un visa, donc les gens soit renoncent, soit défèrent le dépôt de leur demande. Cette baisse n’est pas uniforme, elle est surtout ressentie à Annaba et à Oran. A Alger, la demande reste très forte », dit-il.

Le taux de refus en baisse

Le taux de délivrance est par contre en hausse, passant à 54% en 2019, contre 51% l’année d’avant. La baisse du taux de refus est due à une « meilleure qualité » des dossiers déposés.

« Globalement, les dossiers sont de meilleure qualité, plus complets et les gens ont compris l’enjeu qui est le financement du séjour. On voit apparaître de plus en plus dans les demandes, des attestations d’accueil qui, pour nous, garantissent le financement du séjour. Il y a un effort qui est fait de la part des demandeurs et ça se traduit par une baisse du taux de refus », se félicite Marc Sédille qui dit s’attendre au maintien de la tendance à la baisse du taux de refus en 2020.

« Un des motifs les plus fréquents du refus est lié à la difficulté des demandeurs à justifier leur situation en Algérie. La part de l’informel dans l’économie algérienne est incompatible avec les critères Schengen. On prend en considération cette situation. Il vaut mieux pour les demandeurs de nous dire la vérité que de produire de faux documents », conseille-t-il.

Moins de visas d’études, boom de « l’immigration professionnelle »

La « rigueur accrue » dans la délivrance des visas n’a cependant pas eu d’impact sur l’immigration légale, soutient le consul, chiffres à l’appui. 5% (13 000) des visas délivrés sont des visas d’installation.

« L’immigration légale se poursuit normalement, elle est stable, même s’il y a toujours des gens insatisfaits. Pour les conjoints de Français, le taux de délivrance est de 85%. Un peu plus de la moitié de l’immigration légale est une immigration familiale. Le reste c’est les étudiants et l’immigration professionnelle ».

Pour les étudiants, le nombre de visas est en baisse, passant de 6346 en 2018 à 5273 visas en 2019. Pour Marc Sédille, cette baisse s’explique par deux raisons essentielles : la baisse de la demande qui est la conséquence des annonces sur les frais d’inscription dans les universités, et la difficulté récurrente pour les jeunes algériens à financer leur séjour en France.

L’accord de 1968 (sur l’immigration) est défavorable pour les étudiants algériens, car leur visa d’études ne vaut pas carte de séjour. « Cela dit, tempère le consul, la destination France reste la plus importante pour les étudiants algériens. Plus de 30 000 étudiants algériens poursuivent leurs études en France et il y a un effort consenti par la France pour compenser l’impact de la hausse des frais universitaires sur les étudiants algériens par des exonérations et des bourses supplémentaires octroyées aux plus méritants ».

Marc Sédille constate en outre que l’immigration professionnelle est « en plein boom ». « En trois ans, elle a été multipliée par trois, atteignant 1500 visas professionnels en 2019 », dit-il, tout en fondant des espoirs sur l’entrée en vigueur de l’accord sur les jeunes actifs signé en 2015 entre les deux pays.

« Il devrait permettre aux jeunes français et algériens d’effectuer des séjours professionnels en Algérie et en France pendant une durée maximale de deux ans, afin d’acquérir une expérience à l’international et revenir la valoriser dans leur pays. On travaille avec les autorités algériennes pour mettre en œuvre cet accord durant cette année 2020. Ça va dans le sens de la mobilité de la jeunesse. C’est un accord très positif », juge-t-il.

Des facilités pour trois catégories

Marc Sédille révèle en outre que les autorités consulaires tâchent à aménager le dispositif pour permettre à « des personnes qui participent à la relation bilatérale de pouvoir accéder à des délais très courts » pour le dépôt de leur dossier de demande de visa.

« Notre premier public-cible ce sont les partenaires de la France, le monde économique, les institutionnels, le monde culturel. On a signé au total 131 partenariats avec des entreprises et des institutions qui leur permettent d’obtenir des rendez-vous en 48h pour leurs salariés. C’est quelque chose qui fonctionne bien », dit-il.

L’autre public ciblé, et c’est l’un des « objectifs 2020 », ce sont les personnes qui ont eu un visa durant les deux dernières années, même délivré par un partenaire : « Elles doivent accéder plus facilement à la prise de rendez-vous. Pour Alger, au vu de la pression qui existe, on a fixé un délai raisonnable de dix à quinze jours. »

Les familles de Français devraient aussi voir plus de facilités. « A partir du 1er février, les conjoints de Français pourront déposer leur demande de visa sans rendez-vous. Cette mesure concernera Alger puisque à Oran et Annaba, les délais sont plus courts », annonce le consul qui, par ailleurs, plaide pour plus de visas pour les Français souhaitant se rendre en Algérie.

« Pour nos ressortissants, le visa reste une difficulté. Il y a moins de visas de circulation qui sont délivrés. La question de la mobilité dans la Méditerranée, ce n’est pas seulement l’affaire des Algériens vers la France. C’est l’affaire aussi des Français vers l’Algérie. J’ai lu un article qui indique que l’Algérie sera l’une des dix premières destinations des touristes français pendant l’année 2020. Il va falloir accompagner cela », souhaite-t-il.

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