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Yasmine Ammari, une star algérienne à la conquête de la France

Yasmine Ammari, une star algérienne à la conquête de la France

Samedi 3 mars, Yasmine Ammari s’est révélée au public français après avoir conquis le jury de The Voice, cette émission de grande écoute diffusée sur la chaîne nationale TF1.

L’Algérienne de 32 ans a interprété « C’est le dernier qui a parlé qui a raison », un titre d’Amina, une artiste tunisienne.

La jeune femme n’est pas pour autant une néophyte en la matière. Déjà, à 14 ans, elle avait participé en France au programme musical Graine de star, révélateur de talents. « J’ai toujours voulu me faire une place en Europe. Ça peut être une belle opportunité. J’espère me faire remarquer par un auteur, compositeur qui aimera mon univers », confie-t-elle dans un entretien accordé à TF1.

Déjà célèbre en Algérie

Se servir de The Voice comme d’un tremplin pour donner un élan international à sa carrière, tel est donc l’objectif de Yasmine Ammari. Car chose atypique au regard du profil des autres candidats de l’émission, la jeune femme, qui vivrait à Oran selon les informations révélées par son compte Facebook, jouit déjà d’une certaine popularité en Algérie.

C’est en 2001, alors âgée de 16 ans, que la chanteuse connaît le succès en interprétant un morceau populaire avec lequel elle a représenté l’Algérie au Festival international de la paix à Monaco, indique Télé Loisirs.

Puis en 2014, la jeune femme touche à la consécration. Son opus Lyoum (ce qui signifie « Aujourd’hui ») est sacré meilleur album par The Algerian Music Awards, selon la même source. « Je suis issue d’une famille d’artistes. Mon papa joue de la guitare, mon oncle est un dramaturge. Je passais mes week-ends au théâtre, entourée de comédiens. Je chante depuis l’âge de six ans. Faire de la musique, c’était une évidence », explique-t-elle à la chaîne télé tandis qu’elle craignait qu’aucun membre du jury ne soit convaincu par sa voix. La jeune femme, qui est également actrice, a aussi confié vouloir « ne pas décevoir » ses fans en Algérie.

Après Mennel, une nouvelle figure orientale

Samedi soir, les téléspectateurs ont donc découvert une jeune femme pimpante, étendard de la musique orientale et qui chante en français, mais aussi en anglais et en espagnol.

Comment ne pas y voir le reflet – plus ou moins éloigné – d’une certaine Mennel Ibtissem ? Musulmane et incarnation du multiculturalisme, la jeune chanteuse avait, elle aussi, fait forte impression auprès du jury de The Voice en interprétant à la fois en anglais et en arabe Hallelujah, le morceau de Leonard Cohen. Mais le cauchemar s’était vite substitué au rêve après que des groupuscules d’extrême droite eurent exhumé deux tweets polémiques qu’elle avait publiés après l’attentat de Nice et celui de Saint-Étienne-du-Rouvray, en 2016. La déflagration médiatique provoquée était telle qu’elle décidait de quitter l’émission le 9 février dernier, quelques jours seulement après sa formidable prestation.

Le 22 février dernier, Cyril Hanouna, un animateur phare du petit écran en France, expliquait qu’un journaliste (dont il a tu le nom) lui aurait expliqué que « TF1 ou la production aurait payé Mennel pour partir ». L’information a naturellement été démentie par la chaîne et ITV Studios, affirmant que ces « allégations mensongères sont sans fondements » et que « la décision de quitter l’aventure The Voice était celle de Mennel ».

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Toujours est-il que la figure de Mennel et la polémique qu’elle a charriée tendent aujourd’hui à tomber aux oubliettes devant l’avènement de Yasmine Ammari, dont la présence sur les réseaux sociaux ne fait aucune vague. La chanteuse algérienne tomberait donc à pic. Car ce n’est verser dans aucune forme polémique que de reconnaître qu’une émission telle que The Voice est régie par les mêmes règles que pour un casting d’une série télévisée ou d’un film. Il faut des personnages types, et des profils distincts.

« Souvent, les casteurs nous abordent comme des amis et prennent le temps de discuter avec nous longtemps avant de proposer nos profils, parce qu’au-delà de chercher des voix, il faut un certain capital sympathie », expliquait en février dernier au Huffington Post Azza Kamaria, candidate de la Nouvelle star (un autre télé-crochet) en 2017. À The Voice, depuis l’abandon de Mennel, une case semblait donc à remplir.

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