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Vote à l’ONU : l’Algérie a-t-elle vraiment « trahi » Gaza ?

Le vote par l’Algérie en faveur du plan Trump pour Gaza suscite une vive controverse.

Vote à l’ONU : l’Algérie a-t-elle vraiment « trahi » Gaza ?
Comprendre la position de l’Algérie sur le plan Trump sur l’après guerre à Gaza. | par Leo Altman - Adobe Stock
Riyad Hamadi
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De nombreuses voix se sont élevées pour critiquer la position de l’Algérie vis-à-vis de la dernière résolution du Conseil de Sécurité de l’ONU sur l’après-guerre à Gaza.

Les critiques émanent du même courant politique transnational, ce qui ne laisse pas de doute quant aux visées politiciennes derrière cette montée au créneau synchronisée.

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La résolution 2803 porte sur le plan de paix pour Gaza proposé par le président américain Donald Trump. Le plan a été adopté par 13 membres du Conseil de sécurité dont l’Algérie et le Pakistan. La Russie et la Chine se sont abstenues. 

Il est reproché à l’Algérie d’avoir, ni plus ni moins, “laissé tomber la cause palestinienne”. Le vote de l’Algérie a été pourtant expliqué de manière claire par le représentant de l’Algérie aux Nations-Unies Amar Bendjama, puis par le chef de la diplomatie Ahmed Attaf.

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Les arguments de l’Algérie

Trois éléments clés ressortent de l’exposé de M. Attaf lors de la conférence de presse convoquée à Alger au lendemain du vote : la résolution ne traite pas de la question palestinienne dans sa globalité, mais juste de la gestion de l’après-guerre à Gaza, il y a une urgence absolue à consolider le cessez-le-feu, à faire passer l’aide humanitaire et à lancer la reconstruction de l’enclave détruite, et enfin, le plan américain a été accepté par l’autorité palestinienne et tout le monde arabe et musulman, notamment lors du sommet de Charm El Cheikh à la mi-octobre. 

En quoi donc l’Algérie a-t-elle laissé tomber, et encore moins « trahi » la question palestinienne ? On parle là d’un pays qui, à son corps défendant, a fait de son siège de membre non permanent du Conseil de sécurité ces deux dernières années, une tribune pour la Palestine et plus particulièrement pour Gaza qui subissait un génocide, pendant que de nombreux pays arabes et musulmans renforçaient leurs relations économiques et militaires avec Israël. 

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Souvent contre l’avis de la première puissance mondiale, l’Algérie a multiplié les propositions de résolution pour un cessez-le-feu et fourni d’intenses efforts pour faire admettre la Palestine à l’ONU comme membre à part entière.

Sur le terrain, le Hamas palestinien a perdu la guerre, c’est indéniable, et il a lui-même accepté les conditions du cessez-le-feu, dont la libération des otages israéliens, sous la pression de trois pays musulmans : le Qatar, l’Égypte et la Turquie, sans véritables garanties, faut-il le souligner. Le mouvement a accepté le plan de paix américain et il l’a lui-même annoncé dans un communiqué officiel. 

Attaquer l’Algérie, épargner les autres, une curieuse attitude 

Les voix qui s’élèvent aujourd’hui n’avaient rien dit lorsque le plan a été dévoilé, lorsque le Hamas a signé les accords de paix et lorsque de sommet de Charm El Cheikh a donné son quitus.

Leur montée au créneau n’a donc rien à voir avec la teneur du plan en 20 points de Donald Trump, mais est seulement liée à la volte-face du Hamas.

Il n’échappe à personne en outre que ceux qui critiquent l’Algérie sont de la même obédience idéologique que le mouvement Hamas, celle des Frères musulmans.

Mais il y a plus curieux dans leur attitude. Ils attaquent l’Algérie mais ne soufflent pas mot sur les États comme le Qatar qui ont servi de médiateurs dans les négociations et fait pression sur le Hamas pour libérer les otages et signer le cessez-le-feu.

La manipulation, la tentative de récupération politicienne et le populisme sont évidents dans cette attitude de ceux qui semblent avoir comme double objectif de se repositionner en interne et de préserver leurs soutiens internationaux.

Cela ne leur coûte pas d’essayer tant les affres d’une éventuelle reprise de l’agression israélienne, ce sont les enfants de Gaza qui les subiront.

Et quand bien même ils seraient sincères, ils pêchent au moins par la démesure de leur ambition, étant donné que la question palestinienne est d’une telle complexité qu’elle ne se réglera pas en une seule bataille au Conseil de sécurité où le rapport de force n’est pas en faveur des Palestiniens. 

La diplomatie algérienne a agi en adéquation avec ses fondamentaux et la constance de son soutien au peuple palestinien.

Comme l’a expliqué Ahmed Attaf mardi, le plan américain, sans être parfait, contient de nombreux points positifs, comme la consolidation du cessez-le-feu, la fin des souffrances pour la population de Gaza, le refus de son déplacement, l’entrée de l’aide humanitaire, la protection internationale pour le peuple palestinien avec le déploiement d’une force de maintien de la paix et la reconstruction de l’enclave.

Tout cela, sans porter aucunement atteinte “aux fondements d’une solution juste, durable et définitive au conflit israélo-palestinien”. Et il n’y a pas que l’Algérie qui le pense, mais l’ensemble des pays arabe et musulman, l’État de Palestine, qui est du point de vue du droit international, est le représentant légitime des Palestiniens. 

“L’Algérie ne peut se désolidariser de la position de ses frères palestiniens et du consensus arabo-islamique qui soutient le projet de résolution. L’Algérie ne peut adopter une position contraire à ses propres convictions.” Cette phrase de Ahmed Attaf résume tout. 

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