
Le meilleur gardien de l’équipe d’Algérie de tous les temps ? La question fait débat sur les réseaux sociaux depuis l’annonce, mercredi 25 février, de Raïs Ouahab M’bolhi de mettre fin à sa carrière de footballeur.
Celui qui a gardé les bois des Verts pendant 12 ans (2010-2022), presque sans discontinuer, émarge en tout cas au registre des tout meilleurs.
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Avant sa convocation par Rabah Saâdane pour le Mondial 2010, M’bolhi était un illustre inconnu, jouant en championnat de Bulgarie.
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Né en France en 1986 d’un père congolais et d’une mère algérienne, il a été formé à l’Olympique de Marseille et a connu quelques sélections en catégories jeunes de l’équipe de France. Mais il était écrit que c’est avec l’Algérie qu’il s’illustrera, à partir de l’année même où il a perdu sa mère.
Au deuxième match du mondial sud-africain face à l’Angleterre, M’bolhi a remplacé Faouzi Chaouchi, auteur d’une bourde lors de la première rencontre. Il saisit cette chance et ne la lâchera plus.
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Son heure de gloire, il la connaîtra quatre ans plus tard au Mondial brésilien, avec son match légendaire contre l’Allemagne en huitièmes de finale. Ce jour-là, il a écœuré les coéquipiers de Thomas Müller qu’il a contraints aux prolongations par ses innombrables arrêts décisifs.
Puis vint l’année de la consécration, en 2019. Les Verts sont allés chercher la Coupe d’Afrique des nations au Caire, avec un rôle primordial de leur gardien de buts.
En 12 ans, il a gardé les cages de l’Algérie à 96 reprises et a été 13 fois capitaine d’équipe. Aucun gardien des Fennecs n’a fait autant. Il est même dans le top 5 des Verts les plus capés, derrière Aïssa Mandi, Riyad Mahrez, Islam Slimani et Lakhdar Belloumi. Son ratio est aussi très bon avec 0,91 but encaissé par match joué.
M’bolhi, une longévité exceptionnelle chez les Verts
Pendant sa longue présence en équipe nationale, la place de titulaire de Raïs M’bolhi n’a jamais été contestée, si l’on excepte la parenthèse de sa mise à l’écart par Rabah Madjer pendant quelques mois en 2017-2018.
Le portier a gardé la cage des Verts pour la dernière fois en novembre 2022 face à la Suède en match amical (0-2). Depuis son départ, aucun gardien n’a réussi à le faire oublier et le poste demeure l’un des points faibles de la sélection.
M’bolhi a aussi conquis le public par sa personnalité. Très discret, il s’exprime rarement dans les médias. Même lorsque Madjer l’a mis à l’écart sans raison, il n’a pas soufflé mot.
Les Algériens n’oublieront pas aussi son dévouement sans pareil. En août 2010, il joue avec l’équipe nationale (face au Gabon) quelques jours après le décès de sa mère, un événement qu’il a toujours qualifié du plus douloureux de sa vie.
« J’ai tenu à jouer le match contre le Gabon pour son âme », avait-il expliqué. Depuis, il joue avec son prénom (Raïs) et celui de sa mère (Aïcha) gravés sur chacun de ses gants.
Paradoxalement, en club, M’bolhi a connu une carrière quelconque. Depuis 2005, il a joué pour une quinzaine de clubs, presque tous de seconde zone.
Il a sillonné le monde, de l’Europe de l’Est aux États-Unis en passant par l’Écosse, la Grèce, la France, le Golfe et enfin le championnat d’Algérie, sans jamais réussir à se rendre aussi indispensable qu’il l’était pour les Verts.
Après plusieurs tentatives infructueuses de rebondir, la dernière en date étant avec l’ES Mostaganem, il s’est dit qu’à 39 ans, il est temps d’arrêter. L’Algérie n’oubliera pas tout ce qu’il lui a apporté.