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Moutons en Algérie : le paradoxe des prix élevés

Les prix des moutons restent élevés en Algérie. Ceux des chèvres ne cessent d’augmenter.

Moutons en Algérie : le paradoxe des prix élevés
Le paradoxe des prix élevés des moutons et des chèvres en Algérie | ID 176431188 © Runoman | Dreamstime.com
Djamel Belaid
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À l’approche de la fête de l’Aïd el-Adha 2026, le prix des moutons locaux reste élevé en Algérie. C’est également le cas du prix des chèvres comme en témoignent les discussions entre éleveurs et acheteurs sur les marchés aux bestiaux.

Sur un marché de l’intérieur du pays, un jeune éleveur met en vente une douzaine de chèvres. Questionné sur leur prix, il indique 5,3 millions de centimes (53.000 DA) pour un poids de 25 kilos.

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Des chèvres au prix fort

L’éleveur indique les avoir acheté et engraissé depuis 4 mois. Un prix de vente excessif dans la mesure où les éleveurs ont bénéficié d’un hiver et début de printemps pluvieux. Un temps propice à la poussée de l’herbe et donc à la réduction de l’utilisation d’orge et de son. Partout en Algérie les pâturages ont reverdi.

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Les témoignages sont nombreux. Dans la wilaya de Batna, un agriculteur témoigne : « Cela fait de nombreuses années qu’on n’avait pas vu de telles pluies durant le mois de mars ».

À El Menéa, Rabah Ouled Heddar, le secrétaire général de la Chambre d’agriculture, note l’augmentation du prix des brebis reproductrices et des béliers. Pour cet observateur averti : « Ce paradoxe est en fait un signe de santé. Il signifie que les éleveurs ne vendent plus leur troupeau pour se débarrasser à cause de la sécheresse, mais investissent dans sa reconstitution de leur cheptel ».

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Forte demande mais offre insuffisante

À l’Ouest du pays, là où les années de sécheresse sont les plus fréquentes, l’Agence nationale des barrages et transferts (ANBT) indiquait fin janvier que le barrage d’Oued Taht (Mascara) avait atteint son niveau maximal.

Dans la wilaya de Béchar la steppe a reverdi et refleurit ce qui fait la joie des éleveurs. Partout dans les régions steppiques des convois de camions transportant des moutons se dirigent vers des emplacements dûment répertoriés entre tribus.

Durant la période de soudure hivernale, le ministère de l’Agriculture et du Développement rural a multiplié les opérations visant à assurer aux éleveurs une meilleure disponibilité en aliments  : orge, son de blé et aliments concentrés de l’ONAB.

Malgré la reprise de végétation printanière et la disponibilité en fourrages naturels retrouvée, cela ne semble pas suffire. En cause, un phénomène de spéculation à l’approche de la fête de l’Aïd el-Kebir.

Fourrages, des réserves de productivité

Cependant, cette spéculation ne semble pas être la seule cause du prix élevé des moutons et chèvres. Les fourrages des parcours steppiques et des terres en jachère ne suffisent pas pour nourrir le cheptel dans les hauts plateaux.

Pourtant, les superficies concernées sont conséquentes : plus de 20 millions d’hectares en zone steppique et 40 % des 7 millions d’hectares des terres céréalières en jachère selon les données officielles.

Force est de constater que les plantations d’arbustes fourragers au niveau des parcours steppiques restent limitées aux seules initiatives du Haut-Commissariat au Développement de la Steppe (HCDS) et de la Direction des Forêts. Les éleveurs ne participent pas à ces plantations.

Quant aux jachères pâturées, malgré une lente progression des surfaces en fourrage, la majorité de ces superficies ne produisent qu’une flore sauvage dont la valeur alimentaire reste bien inférieure à ce que pourrait produire la culture de mélanges d’espèces fourragères (méteil) ou l’utilisation d’engrais.

Dès le milieu des années 1970, une mission d’experts français rendait son diagnostic dans la revue Céréaliculture de l’Institut technique des grandes culture : « On constate que les brebis soumises à ce système fourrager perdent de 5 à 10 kg d’octobre à avril. Fait plus grave, cette perte de poids ne sera généralement rattrapée qu’après la mi-juillet, grâce aux chaumes de céréales ».

Ils concluaient avec cette formule choc : « L’élevage est conduit dans un mode de production de type « cueillette », le mouton se contentant de ramasser les « miettes » ».

La majeure partie des éleveurs restent des pasteurs alors que pour répondre à la demande il faudrait qu’ils se transforment en agro-pasteurs et produisent eux-mêmes les fourrages nécessaires à leurs bêtes.

À chaque fois que l’irrigation est possible, la production de fourrages progresse. Cependant, toutes les superficies ne peuvent être irriguées, aussi le défi des services agricoles est de proposer aux éleveurs un moyen adapté pour valoriser la production de fourrages durant la période des pluies – novembre à mai – avant les canicules de la saison sèche.

Pour faire face à la cherté des prix des moutons locaux, l’Algérie a décidé d’importer un million de bêtes pour permettre aux Algériens d’accomplir le rituel du sacrifice de l’Aïd. Le prix du mouton importé est plafonné à 50.000 DA.

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