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Les circuits de la DZ Mafia : de Marseille à Dubaï en passant par Oran et le Maroc

L’enquête menée en France sur la DZ mafia permet de savoir un peu plus sur cette organisation et ses circuits qui s’étendent de Marseille à Dubaï en passant par le Maroc, révèle Le Parisien.

Les circuits de la DZ Mafia : de Marseille à Dubaï en passant par Oran et le Maroc
Cinq personnes proches de la DZ Mafia étaient à la tête de 24 sociétés dans le domaine de la restauration / Source image : DR pour TSA
Rafik Tadjer
Durée de lecture 2 minutes de lecture
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La DZ Mafia n’est pas une PME, mais une « multinationale », conclut la justice française sur le poids de cette organisation qui fait main basse sur le trafic de drogue à Marseille.

Le journal français Le Parisien a eu accès à des documents judiciaires qui confirment l’existence d’une « organisation criminelle fonctionnant sur un type mafieux » et disposant d’une « branche armée ».

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La DZ Mafia a mis en place des circuits de blanchiment via des placements à l’étranger, y compris en Algérie, mais s’appuie sur le Maroc pour faire fonctionner ses connexions, selon la même source.

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DZ Mafia : des centaines de milliers d’euros chaque jour à Marseille

« Les capacités de cette organisation criminelle en matière de trouble à l’ordre public et d’expansion criminelle n’avaient jusque-là jamais eu d’équivalent en France », ont conclu les enquêteurs dans le cadre de l’opération « Octopus » qui a permis l’arrestation de 42 membres de la DZ Mafia en mars dernier.

Rien qu’à Marseille, l’organisation engrange chaque jour plusieurs centaines de milliers d’euros. Pour blanchir de telles sommes, il faut beaucoup de logistique et des idées ingénieuses.

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De nombreux pontes de la mafia marseillaise sont derrière les barreaux, mais ils profitent des failles du système carcéral français pour continuer à gérer leurs affaires, notamment le blanchiment des fonds engrangés, à partir de leurs cellules.

Les enquêteurs ont par exemple pu remonter la piste d’un homme à la tête de dizaines de sociétés, à Aix-en-Provence, près de Marseille. En fait, des façades et des « blanchisseries d’argent sale ».

Ces entreprises captent aussi des fonds issus des comptes personnels de formation (CPF), un dispositif qui existe depuis 2019 et qui permet à toute personne active d’acquérir des droits à la formation en argent et non plus en heures, par l’intermédiaire d’une plateforme en ligne. L’homme d’affaires aurait réalisé une escroquerie de 29 millions d’euros et la DZ Mafia aurait en partie profité du butin.

La justice a pu débusquer de multiples sociétés fictives de formation, créées par des « voyous » pour percevoir des crédits issus du dispositif.

Aussi, cinq personnes proches de la DZ Mafia étaient à la tête de 24 sociétés dans le domaine de la restauration, des transports. Elles auraient capté 2,7 millions d’euros.

Des investissements à Dubaï et en Algérie, « dans une résidence à Oran »

La DZ blanchit et fait même fructifier ses placements d’argent sale, indique un enquêteur au Parisien. Les placements se font notamment dans l’immobilier. Les enquêteurs ont détecté en France sept biens immobiliers d’une valeur de plus de 1 million d’euros, mais « le pactole est ailleurs », notamment à Dubaï.

Dans les écoutes téléphoniques et les sonorisations de cellules, les enquêteurs ont pu entendre les narcotrafiquants emprisonnés évoquer des achats d’appartements aux Émirats arabes unis, mais aussi à Oran, souvent à l’aide de prête-noms.

Mehdi Z., dit « la Brute », est un des leaders de l’organisation. Il a été écouté en train de superviser depuis sa cellule des investissements à Dubaï et en Algérie, dans une résidence d’Oran. « Frérot, je suis millionnaire », a-t-il par exemple lancé lors d’une conversation avec une personne à l’extérieur de la prison.

La DZ Mafia s’appuie aussi sur le Maroc, véritable plaque tournante pour le blanchiment, pour ses connexions. L’enquête a dévoilé l’existence d’autres flux considérables en « cryptoactifs », via notamment le « compte d’un étudiant marseillais retourné vivre au Maroc », selon Le Parisien.

Les autres filières de blanchiment de la mafia marseillaise sont les restaurants et les commerces, l’or, les cryptomonnaies, et même l’humanitaire et la philanthropie.

Un certain Gabriel Ory a entrepris de créer une association baptisée « Les familles oubliées » pour soi-disant l’accompagnement des personnes incarcérées. Mais le véritable objectif est ailleurs. Son statut d’association « d’utilité publique » devait permettre une défiscalisation de 66 % aux « donateurs ».

Les associations de ce type permettent aux détenus de communiquer avec le système de téléphonie légale des prisons et les avocats pouvaient être rémunérés par les fonds de l’association. Découvert par les enquêteurs, le projet n’a pas pu être concrétisé.

Lien permanent : https://tsadz.co/70i8p

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