
La lourde défaite électorale de Donald Trump et des républicains aux élections mi-mandat – ils ont perdu le contrôle du Sénat et de la Chambre des représentants au profit des démocrates -ouvre une nouvelle séquence politique à Washington, susceptible de compliquer la stratégie marocaine.
Pour l’Algérie, l’enjeu sera de transformer cette recomposition parlementaire en opportunité diplomatique et juridique.
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La reconnaissance américaine de la souveraineté marocaine sur le Sahara occidental, annoncée par Trump le 10 décembre 2020, demeure une décision présidentielle. Le changement de majorité ne l’annule pas automatiquement. Toutefois, le contrôle démocrate des deux chambres, à compter de janvier 2027, renforcera les moyens de contrôle du Congrès sur la politique étrangère de l’administration.
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Donald Trump fragilisé
Ce revers place également Trump dans une situation de présidence affaiblie, souvent qualifiée de « lame duck » ou de « canard boiteux ». Il conserve ses prérogatives présidentielles jusqu’à la fin de son mandat, mais devra désormais composer avec un Congrès contrôlé par l’opposition.
Les démocrates pourront multiplier les enquêtes, exercer une surveillance accrue de l’administration et bloquer certaines nominations. Cette confrontation institutionnelle pèsera sur les deux dernières années de sa présidence.
Le dossier sahraoui pourrait ainsi retrouver une place plus importante dans les débats parlementaires. Les élus favorables à l’autodétermination disposeront de moyens accrus pour interroger l’administration sur la compatibilité de sa politique avec le processus onusien. Ils pourront également examiner les conséquences diplomatiques et budgétaires de la reconnaissance de 2020.
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Aide américaine au Maroc
Concrètement, les commissions des Affaires étrangères du Sénat et de la Chambre pourraient organiser des auditions et demander des explications au département d’État. Les commissions des crédits pourraient exiger des rapports sur l’aide américaine au Maroc et son utilisation éventuelle au Sahara occidental.
Celles des forces armées pourraient examiner la coopération militaire et les ventes d’armes. Enfin, les commissions compétentes en matière commerciale pourraient réexaminer l’application des accords commerciaux au territoire. Des parlementaires pourraient également déposer une résolution réaffirmant le soutien au processus onusien.
Plusieurs possibilités pour l’Algérie
Pour l’Algérie, cette évolution ouvre plusieurs possibilités. Elle permet de réinvestir les instances parlementaires américaines, de mobiliser les élus sensibles au droit à l’autodétermination et de défendre le rôle des Nations unies. L’objectif serait de dissocier progressivement la position américaine sur le Sahara occidental des choix personnels de Donald Trump.
Le revers électoral de l’AIPAC mérite également attention. La progression des élus démocrates critiques de la politique israélienne pourrait compliquer la mobilisation politique autour du partenariat Washington – Rabat – Tel-Aviv, consolidé par les Accords d’Abraham.
Le président Trump conserve une influence déterminante sur les orientations internationales relatives au Sahara occidental. Mais une majorité démocrate pourrait désormais réclamer davantage de transparence sur les initiatives américaines et contester toute marginalisation du cadre multilatéral.
Pour Rabat, l’acquis diplomatique de 2020 sera davantage exposé à la contestation au sein des institutions américaines alors que pour Alger, cette recomposition offre l’occasion de reconstruire des relais parlementaires et de replacer le droit à l’autodétermination au centre du débat américain.
La prochaine bataille autour du Sahara occidental ne se jouera donc plus uniquement à la Maison-Blanche ou au Conseil de sécurité. Elle se jouera aussi au Congrès, où les nouveaux équilibres politiques pourraient peser sur les choix de Washington.