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Blocus du Qatar : quels scénarios après la fin de l’ultimatum de Riyad et ses alliés ?

Blocus du Qatar : quels scénarios après la fin de l’ultimatum de Riyad et ses alliés ?

La crise entre le Qatar et les pays du Golfe est toujours aussi complexe alors que l’ultimatum donné par l’Arabie saoudite et ses alliés à Doha pour répondre à treize demandes arrive à expiration ce dimanche 2 juillet à minuit.

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Riyad, Le Caire, Abu Dhabi et Manama accusent le Qatar de soutenir le terrorisme. Ils ont demandé à Doha, entre autres, de fermer la base militaire turque au Qatar (en construction), de réduire la représentation diplomatique de l’Iran et de se contenter de relations commerciales avec Téhéran uniquement, de fermer Al Jazeera et tous les médias soutenus par l’émirat gazier, de rompre toute relation avec les organisations terroristes ou confessionnelles (Hamas, Hezbollah, Frères musulmans, qui ne sont pas cités dans la liste), de présenter des informations détaillées sur les opposants vivant sur son territoire et la nature du soutien qu’ils ont reçu…

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Doha a refusé ces requêtes disant qu’elles portent atteinte à sa souveraineté nationale. « Cette liste de demandes a été proposée pour être rejetée. Ses initiateurs ont violé le droit international et n’ont présenté aucune preuve prouvant leurs accusations. Mais, nous sommes prêts au dialogue politique sans remettre en cause notre souveraineté nationale » a déclaré, samedi 1er juillet à Rome, Mohamed Abderrahmane Al-Thani, ministre des Affaires étrangères du Qatar.

Le Qatar refuse, selon lui, toute tutelle. « En fait, ‘les pays du blocus’ veulent tuer la liberté d’expression dans la région », a-t-il dit à propos de la demande de fermer la chaîne Al Jazeera. Une demande qui a suscité un tollé à l’étranger et des critiques de la part de toutes les organisations internationales de défense de la liberté de la presse. Le ministre des Affaires étrangères qatari a souligné l’inaction de la Ligue arabe et du Conseil de la coopération du Golfe (CCG).

Le 5 juin 2017, l’Arabie saoudite, les Émirats arabes unis, l’Égypte, le Bahrein et le Yémen ont rompu leurs relations diplomatiques et économiques avec le Qatar. Devant le refus de Doha de se soumettre aux exigences de Riyad, trois scénarios semblent se dégager, selon les observateurs.

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L’escalade militaire

Riyad, qui a signé un gros contrat d’armement avec les États-Unis et qui semble appliquer à la lettre la demande du président américain Donald Trump d’isoler l’Iran, pourrait être amené à engager ses troupes avec l’appui des Émirats arabes unis et de l’Égypte contre le Qatar. Dans ces pays, des commentateurs ont appelé ouvertement, ces derniers jours, à utiliser la force contre le Qatar. Le but de l’opération militaire serait d’imposer un changement de régime à Doha et l’embrigadement total du petit pays.

Mais, le Qatar entend s’appuyer sur le soutien de la Turquie qui a déjà envoyé des renforts sur place et un éventuel soutien de la Russie, allié stratégique de l’Iran. Le ministre qatari de la Défense Khaled Ben Mohamed Al Attiyah s’est déplacé à Ankara, le 30 juin, pour demander l’augmentation de la présence militaire turque dans son pays. Officiellement, la Turquie est pour une solution à la crise à travers « un dialogue sincère ».

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La solution par le dialogue

Le Koweït, qui n’a pas adhéré à la démarche de Riyad de rompre avec le Qatar, mène depuis le début de la crise une entreprise de médiation pour faire baisser la tension et trouver un terrain d’entente aux fins d’engager un dialogue entre toutes les parties. L’initiative du Koweït est appuyée discrètement par les États-Unis qui ne veulent pas que leur base militaire d’Al Udaid au Qatar soit mise en danger. Washington a demandé à Riyad de réduire sa liste de requêtes à « des demandes raisonnables ».

Doha compte également sur l’aide américaine pour désamorcer la crise même si Riyad considère ses exigences comme indiscutables. « Nos demandes ne sont pas négociables. C’est au Qatar de cesser de soutenir l’extrémisme et le terrorisme », a écrit sur son compte Twitter Adel Al-Jubeir, ministre saoudien des Affaires étrangères. Le 27 juin 2017, Al Jubeir a rendu visite à Washington. Il a été suivi par son homologue qatari.

La situation se complique

Dans le cas où les tentatives de médiation échouent, les choses risquent de se compliquer davantage dans la région avec une menace permanente de conflit armé et un risque d’éclatement du CCG. Cela aura des conséquences sur les activités économiques et commerciales dans la région et sur le marché pétrolier et gazier, le Qatar étant un grand producteur de gaz. Riyad et ses alliés pourraient exercer plus de pression sur Doha en imposant de nouvelles sanctions économiques et un isolement total du Qatar avec un éventuel bannissement du CCG et de la Ligue arabe. L’Arabie saoudite, les Émirats arabes unis, l’Égypte et le Bahreïn pourraient geler les fonds qataris détenus dans leurs banques, par exemple.

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