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Monde musulman : Trump pour semer encore un peu plus le chaos ?

Donald Trump est arrivé, ce samedi 20 mai, en Arabie saoudite pour sa première visite à l’étranger. En difficulté dans son pays après les récents scandales liés à la divulgation d’informations secrètes aux Russes et le limogeage du directeur du FBI, le président américain va pouvoir respirer un peu.

Ses hôtes saoudiens, visiblement flattés par le choix de leur pays pour son premier déplacement à l’étranger, ont mis le paquet. En plus d’un accueil des plus chaleureux, ils lui ont offert une moisson de contrats impressionnante. Les deux pays ont signé ce samedi des accords d’une valeur de plus de 380 milliards de dollars, a annoncé le ministre saoudien des Affaires étrangères, Adel al-Jubeir. Un responsable américain a précisé que la valeur des ventes d’armements s’élève à « près de 110 milliards de dollars ». De quoi faire travailler de nombreuses entreprises américaines pendant plusieurs années.

Les dirigeants saoudiens semblent ainsi récompenser Donald Trump pour ses prises de position à l’égard de l’Iran, l’ennemi juré du royaume. Contrairement à son prédécesseur Barak Obama, le nouveau locataire de la Maison Blanche exclut tout rapprochement avec Téhéran. D’ailleurs, l’Iran est le grand absent du « sommet » qui aura lieu demain à Riyad entre les États-Unis et le monde musulman.

Durant ce sommet, Donald Trump prononcera devant plus de 50 dirigeants de pays musulmans -l’Algérie sera représentée par Abdelkader Bensalah-, un discours sur les « valeurs pacifiques » de l’islam. « Je les appellerai à combattre la haine et l’extrémisme », a-t-il promis. Si on comprend l’intérêt de l’Arabie saoudite à accueillir un tel sommet et celui des pays du Golfe ou de l’Égypte à y prendre part, il est difficile de comprendre ce que l’Algérie et d’autres pays musulmans ont à faire dans cette rencontre.

En effet, que peut-on attendre et espérer d’un président qui a été élu après une campagne très hostile aux musulmans, qualifiés tour à tour de terroristes, de sauvages ou encore d’animaux ? En décembre 2015 lors d’un rally à Charleston, en Caroline du Sud, quelques jours après la tuerie de San Bernardino, Donald Trump a plaidé, devant des milliers de partisans, “à une interdiction complète et totale des musulmans d’entrer aux États-Unis”, rappelle la chaîne française LCI.

Élu, il a commencé par prendre un décret très controversé : interdire l’entrée aux États-Unis aux ressortissants de six pays musulmans. Une initiative bloquée par la justice mais à laquelle Trump n’a toujours pas renoncé. La Cour d’appel de la côte ouest examinait lundi 15 mai le 2e décret anti-immigration de l’administration Trump, rapportait la radio RFI. Le président des États-Unis et son équipe tentent par tous les moyens de faire rétablir l’interdiction d’entrée dans le pays pour les ressortissants de six pays à majorité musulmane, ajoute la radio française.

Comment un homme qui a affiché une telle haine envers les musulmans peut-il développer ce dimanche un discours positif sur l’islam et les musulmans ? Et même s’il parvient à faire des annonces positives, quel crédit accorder à ses paroles ? Depuis son élection, Danald Trump est surtout connu pour ses revirements permanents et ses reniements. On voit mal un président qui ne tient pas ses promesses avec son peuple le faire avec des musulmans qu’il déteste et méprise.

En réalité, Donald Trump ne vient pas en Arabie saoudite pour se réconcilier avec les musulmans. Il vient marquer clairement sa différence avec son prédécesseur sur un sujet sensible : le conflit entre l’Iran et l’Arabie saoudite, au risque d’aggraver les divisions dans le monde musulman et d’accentuer le chaos dans la région.

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