
Saïd Sayoud dirige depuis septembre dernier le superministère de l’Intérieur et des Transports. Avant de faire son entrée au gouvernement en novembre 2024 comme ministre des Transports, Sayoud était wali d’Oran, après avoir dirigé précédemment la wilaya de Saïda.
Lors de son périple qui l’a mené dans plusieurs wilayas du pays pour installer les nouveaux walis nommés le 27 octobre dernier par le président de la République, Abdelmadjid Tebboune, le ministre de l’Intérieur et des Transports a, dans un nouveau style de communication, multiplié les révélations sur les collectivités locales, dont il connaît bien le fonctionnement.
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L’histoire surprenante d’un maire qui a « tout vendu »
Sur les comportements véreux de certains élus locaux, le ministre de l’Intérieur a cité un cas dont il a été témoin lorsqu’il était en poste à Oran.
Le maire de la commune de Bousfer a “tout vendu”, c’est-à-dire les terres appartenant à la collectivité. Celui qui était alors wali raconte qu’il ne voulait pas “jeter en prison” l’élu indélicat à cause de son âge, près de 70 ans. Il l’a rappelé à l’ordre une dizaine de fois, en vain.
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Au cours d’une réunion de la commission sécuritaire élargie, le maire a été confronté avec les preuves. “La gendarmerie avait tous les détails et le procureur général lui a exposé les accusations et les peines prévues”, mais à peine sorti de la réunion, il s’est remis à vendre, enfonce Saïd Sayoud qui n’a dévoilé le sort qui a été réservé à ce maire.
Toujours à Oran, Sayoud alors à la tête de la deuxième plus grande ville d’Algérie, a été confronté à “un dur à cuire” qui prétendait dénoncer les magouilles et la corruption.
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Au cours d’une rencontre publique, l’individu en question a pris la parole et dressé un tableau noir de la wilaya, notamment en matière de détournement du foncier. « Le pays a été vendu », lui a lancé ce « dur à cuire », en citant le quartier de Sidi El Houari où selon lui, les promoteurs immobiliers, ont tout accaparé.
Le wali raconte l’avoir fait taire en le mettant au défi de citer des noms. Pris au dépourvu, l’homme n’a pas pu citer un seul nom et il est devenu le sujet de discussion de tout Oran.
Échange avec « un dur à cuire » à Oran
À Tipaza, où il a installé le nouveau wali, le ministre de l’Intérieur a recadré sévèrement un maire un peu distrait. Pendant que le ministre prononçait son allocution, le président d’APC était affairé à utiliser son téléphone.
“Monsieur le président, si mon allocution ou mon discours n’est pas important, prenez votre téléphone, et sortez. Prenez-le, sortez et faites ce que vous voulez”, a sèchement dit Saïd Sayoud. “Je suis très fatigué, mais c’est un devoir que je suis dans l’obligation de faire. Et puis, celui à qui mon discours ne plaît pas, peut partir”, a-t-il ajouté.
Aux élus locaux, le ministre a dit qu’au cas où le wali ne règle pas les problèmes qui lui sont posés, ils peuvent le contacter directement. “Je suis à votre écoute, je suis très simple. Si le wali ne trouve pas de solution, appelez-moi et je vais lui en parler. Et s’il vous reproche d’avoir parlé au ministre, je m’expliquerai avec lui”, a assuré le ministre de l’Intérieur.
Les faux héros
Évoquant le phénomène des inondations, Sayoud a dit qu’il est inacceptable que 20 millimètres de pluie “inondent les villes et contraignent le citoyen à passer la nuit dehors”.
“Et puis on sort avec des bottes et des capuches jaunes, comme des héros et des saveurs. Nous ne sommes pas des héros, nous sommes des criminels”, a-t-il tonné, indiquant que pendant l’été, lorsqu’il fallait curer les avaloirs et nettoyer les oueds, chaque partie compte sur l’autre pour effectuer la tâche.
Fin septembre dernier, le ministre avait cassé les codes en arpentant à pied les rues de Sidi Aissa (M’sila) éventrées et jonchées de gravats après des inondations.