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Comment l’ENTV a desservi la Charte pour la paix et la réconciliation nationale et son promoteur

Comment l’ENTV a desservi la Charte pour la paix et la réconciliation nationale et son promoteur

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Les images montrées par la télévision algérienne, vendredi soir, à l’occasion de la célébration du 12e anniversaire de l’adoption de la Charte pour la paix et la réconciliation nationale, ont choqué de nombreux Algériens. Sur les réseaux sociaux, l’indignation domine les commentaires.

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Sans avertir les téléspectateurs, « l’orpheline », comme l’appellent les Algériens, a diffusé des images choquantes, montrant des enfants déchiquetés, des corps de victimes visiblement mutilées, des personnes criblées de balles ou encore des cris de détresse de femmes et d’enfants.

Ces images, qui interviennent dans le prolongement du discours de peur développé par Ouyahia depuis son accession à la primature, vise, de l’avis unanime de nombreux partis politiques, à terroriser la population et à la contraindre à garder le silence face aux changements à venir ou en préparation, aussi bien sur le plan économique (la planche à billets) que politique (le cinquième mandat de Bouteflika).

« Ceux qui répètent les images de diffusion de la tragédie nationale veulent intimider et terroriser les citoyens pour qu’ils gardent le silence, acceptent la cherté de la vie, le recours au financement non conventionnel sans contrepartie et un avenir inconnu », a commenté sur sa page Facebook, Abderazak Makri du MSP.

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Un avis qui rejoint celui du député du RCD, Athmane Mazouz. « Sans aucun avertissement, le régime, dans sa panique, veut terroriser, par l’image, pour faire accepter ses mesures impopulaires et donner une virginité à un pouvoir qui a mené le pays à la faillite », écrit-il.

Mais au-delà, des lectures politiques que l’on pourrait faire, la diffusion de telles images constitue d’abord une violation flagrante de l’éthique journalistique. L’ENTV a également ravivé le sentiment de rejet de ceux que la charte a graciés. Elle a montré le vrai visage de ces terroristes qui ont bénéficié de l’impunité alors qu’ils ont commis des crimes atroces contre des populations civiles. D’une certaine façon, elle dessert le promoteur de la Charte, c’est-à-dire le président de la République.

Enfin, l’ENTV vient d’instrumentaliser « les blessures de la tragédie nationale », ce qui la met directement sous le coup de cette même charte dont elle vise à faire la promotion. En effet, dans son article 46, la Charte dispose : « Est puni d’un emprisonnement de trois (3) ans à cinq (5) ans et d’une amende de 250.000 DA à 500.000 DA, quiconque qui, par ses déclarations, écrits ou tout autre acte, utilise ou instrumentalise les blessures de la tragédie nationale, pour porter atteinte aux institutions de la République algérienne démocratique et populaire, fragiliser l’État, nuire à l’honorabilité de ses agents qui l’ont dignement servie, ou ternir l’image de l’Algérie sur le plan international. Les poursuites pénales sont engagées d’office par le ministère public. En cas de récidive, la peine prévue au présent article est portée au double ».

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