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Tebboune – Haddad : les dessous d’un conflit

Tebboune – Haddad : les dessous d’un conflit

NEWPRESS
Quatre jours après l’incident de samedi dernier à l’École supérieure de la sécurité sociale où Ali Haddad a été déclaré persona non grata par le PM Tebboune, l’UGTA, le FCE et 7 autres organisations patronales ont dénoncé, mardi 18 juillet, le “traitement réservé” au patron des patrons.

« Abdelmadjid Tebboune applique le programme du président de la République. Son plan d’action a été adopté par le Parlement et approuvé en Conseil des ministres par Abdelaziz Bouteflika ». Cette précision émane d’une source au sein du gouvernement qui s’est confiée ce mercredi 19 juillet à TSA. Au lendemain de la publication du communiqué de soutien à Haddad, Tebboune reste imperturbable. Comprendre : le Premier ministre assume pleinement ce qu’il a fait samedi.

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« Haddad a voulu piéger Tebboune »

Il y a d’abord la forme. Selon notre interlocuteur, « Haddad a voulu piéger Tebboune samedi dernier en se déplaçant à l’École supérieure de la sécurité sociale, quelques jours après le discours du Premier ministre au Parlement où il avait clairement affiché l’intention du gouvernement de séparer entre le pouvoir de l’argent et la politique ». Pour notre source, Haddad « n’avait rien à faire à cet endroit précis, à ce moment précis ». Selon notre source, le Premier ministre fait son travail et n’a nullement « l’intention de reculer ».

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Il y a ensuite le fond. Et là, les choses se compliquent pour le chef du FCE. Que reproche-t-on réellement à Ali Hadad que certains donnaient comme étant un des plus proches au cercle présidentiel ? Selon notre source, Haddad et son entreprise ont été largement privilégiés ces dernières années en termes de crédits et de projets octroyés. « Le chiffre est confirmé : le patron du FCE a bénéficié à lui seul d’un milliard de dollars de crédits depuis 2010. Il devait lancer des projets. Malheureusement, rien n’a été fait. Il a pris l’argent sans réaliser les projets », accuse notre source.

Ce chiffre émane d’une enquête lancée par le Premier ministère, au lendemain de la nomination d’Abdelmadjid Tebboune. Pour certains projets, comme c’est le cas de la piste de l’aéroport de Houari Boumediene, Haddad « a eu une avance de 80% en 2014 ». Mais son entreprise n’a rien réalisé. Le gouvernement n’apprécie pas aussi le recours à la sous-traitance de la part de l’entreprise ETRHB. « Lorsqu’on ne maîtrise pas une technologie ou une technique, on ne soumissionne pas. Cela n’a pas été le cas de Haddad. Il obtenait des projets avant de les confier aux entreprises étrangères », soutient notre source.

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Le port de Cherchel bloqué « à cause de Haddad »

Pire : Haddad a été une source de blocage de certains projets. C’est le cas du méga-projet du port de Cherchell. « Le partenaire chinois a exprimé son désaccord après qu’Ali Haddad ait pris part dans le projet », affirme notre source. « Les Chinois nous ont clairement dit : ‘que fait Haddad dans un projet que nous finançons totalement ? Qu’elle technologie maîtrise-t-il ?’ ». Tebboune a annoncé au Parlement l’intention du gouvernement de relancer le projet. Cela devra se faire quasi certainement sans Haddad.

Par ailleurs, TSA a appris que le gouvernement a décidé de récupérer 10.000 hectares octroyés à Haddad « sans que ces terrains ne soient utilisés ».  

Pour notre interlocuteur, la réaction de Haddad hier n’est pas uniquement liée à l’incident de samedi. « Haddad s’est alarmé suite aux mises en demeure que nous lui avons envoyées dans la presse », conclut-elle.

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